Master 2 en Anthropologie et Ecologie Description de la formation

Les enjeux de l’anthropologie au XXI ème siècle ne portent plus sur la découverte de groupes inconnus sur l’atlas culturel mondial ou la préservation de sociétés dites « primitives ».
La discipline s’adapte à ce double mouvement contraire qu’accompagne la mondialisation : une interdépendance et une interpénétration de plus en plus importante des groupes culturels, une prolifération des discours identitaires se réclamant de cultures ou de traditions ethniques particulières, et surtout une question particulière sur les questions éthiques et bioéthiques.
Plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales essaient de porter leurs apports pour chercher l’équilibre entre le progrès socio-économique fondé sur la science et la technologie et le progrès éthique et spirituel, pour protéger l’homme, sa vie ses droits et sa dignité.
Ainsi, l’anthropologue est conduit à s’intéresser de plus en plus aux relations entre groupes et aux interactions entre le local, observable sur le terrain, et le global qui impacte les situations empiriques. Il doit comprendre également l’homme, sa dignité, sa destinée et sa complexité.
Dans cette perspective, il est conscient des défis majeurs de notre monde : inégalités de richesse, dégradation de l’environnement, atteintes à la diversité des cultures etc. et est de plus en plus amené à appliquer ses recherches à des problèmes de société comme la bioéthique, l’éducation, la santé, les mouvements religieux ou le développement.
De même, l’écologie reconnaît aujourd’hui la responsabilité majeure de l’homme dans la dégradation actuelle de l’environnement.
A son versant scientifique, s’est ajouté ainsi un versant politique visant à transformer les sociétés humaines de façon à préserver l’environnement nécessaire à leur survie. Cette écologie politique est désormais au cœur des préoccupations contemporaines et participe : à la prise de conscience de l’empreinte polluante de l’homme dans son écosystème, à une remise en question des représentations anthropocentriques et des systèmes de production industrielle et agricole nuisibles à l’environnement et à la promotion des techniques et des formes d’organisations économiques et sociales plus respectueuses de la nature.

1. Public cible

Le projet proposé de Formation Ouverte et à Distance FOAD touche le domaine des Sciences de l’Homme et de l’Environnement, avec la mention Anthropologie et Ecologie, le diplôme délivré étant de grade Master 2.

Il s’agit alors de former des étudiants :

  • qui aient une connaissance approfondie des deux termes posés pour s’approprier notre paradigme : « développer l’homme et bien gérer les ressources naturelles ».
  • qui soient capables de connaître l’homme, sa dignité et sa destinée ainsi que d’analyser les implications réciproques entre la culture d’un groupe donné et l’écologie – les liens de ce groupe avec les autres êtres vivants et l’environnement.
  • qui soient tout autant observateurs qu’acteurs par la participation à la gestion durable de la biodiversité et l’éducation à une écologie culturelle au sens où l’entend le Pape François – c’est-à-dire à une culture qui soit véritablement écologique, soucieuse de l’homme et de l’environnement.

Les diplômés de la formation seront ainsi appelés à :

  • s’investir dans des recherches et consultances en anthropologie appliquée aux problématiques du développement et de l’environnement,
  • gérer des projets aux côtés des communautés locales pour la protection de la biodiversité et la valorisation de la culture,
  • travailler au sein des organismes publics et privés en charge de la gestion et de la promotion de la biodiversité (gestion des espèces et des espaces, écotourisme),
  • travailler dans les métiers liés à l’interculturalité, à la conservation et à la valorisation du patrimoine culturel,
  • poursuivre dans la voie de l’enseignement et de la recherche en anthropologie et/ou en écologie,
  • créer et/ou gérer des associations, ONG ou entreprises sociales œuvrant dans les domaines d’éducation, formation, préservation, promotion dans le cadre anthropologique-écologique.

2. Dispositif de la formation

Le dispositif de la formation est tributaire de la triangulation : Objectifs pédagogiques – Compétences – Métiers.

Objectifs pédagogiques

  • Savoir mener une analyse objective et critique de la diversité des sociétés humaines dans leurs rapports quotidiens au monde visible et invisible, en vue de promouvoir l’« écologie intégrale » et l’« éthique de la responsabilité ».
  • Savoir se documenter correctement en anthropologie et en écologie et être en mesure d’approfondir et d’élargir son champ de recherche. Susciter la curiosité intellectuelle, l’esprit d’innovation et la démarche autodidactique pour un apprentissage tout au long de la vie, en matière d’anthropologie et d’écologie.
  • Enrichir ses compétences rédactionnelles (résumé, notes de lecture, exposé, commentaire, prose, conférence…) et sa capacité de prise de parole en public aussi bien en français qu’en anglais.
  • Approfondir le sens du vivre ensemble et de la responsabilité des étudiants dans l’engagement social et environnemental et ses applications quotidiennes.
  • Acquérir des compétences méthodologiques tant générales (analyse critique et synthèse de textes, rédaction, élaboration d’une réflexion argumentée), que plus spécifiques à l’anthropologie (enquête de terrain, analyse d’images visuelles documentaires).
  • Développer les stratégies de traitement des informations et de construction de connaissances par la lecture-compréhension de documents variés (textes littéraires, scientifiques, journalistiques, philosophiques, anthropologiques, écologiques et touristiques).
  • Maîtriser les compétences de l’approche communicative et communautaire
  • Avoir l’aptitude à gérer la préservation des patrimoines naturels, culturel et ressources naturelles.

Compétences visées

  • Capacité d’approfondir et de partager le concept d’ « écologie intégrale » dans sa dimension sociale, dans sa dimension économique (un développement à visage humain et en partage), dans sa dimension politique (profond attachement au bien commun, souci de la qualité de cadre de vie) et dans sa dimension spirituelle (la nature, œuvre de Dieu).
  • Capacité de s’inscrire et de rayonner au sein d’une équipe pluridisciplinaire d’action socioculturelle dans un domaine précis s’inscrivant dans une perspective écologique : éducation, santé, environnement, pastorale, économie.
  • Capacité de mieux comprendre la société dans laquelle on vit, au travers de ses mœurs et coutumes, de ses innovations, de ses modes de production, de ses représentations symboliques, afin d’être davantage à l’écoute du monde et de l’autre.
  • Capacité d’enquêter sur le terrain en usant de différentes méthodologies d’enquête nécessaires (entretien, observation…) en vue d’analyser, de synthétiser et d’exploiter rapidement les données d’une situation.
  • Capacité de produire une recherche scientifique sur une thématique spécifique et problématisée.

Métiers visés

  • Métiers d’enseignant et de chercheur dans le domaine de l’anthropologie et de l’écologie.
  • Métiers de consultant dans des organismes nationaux ou internationaux, publics ou privés, pour toute question socioculturelle et de « management humain ».
  • Métiers de direction de structures d’enseignement, de recherche, de production (petites et moyennes entreprises).
  • Métiers faisant appel à l’interculturalité, à la conservation et à la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel.
  • Métiers de gestion de projets de développement communautaire ou liés à la préservation de la biodiversité.

3.Renseignements complémentaires

L’Université jouit de l’autonomie institutionnelle qui est nécessaire à l’exercice efficace de ses fonctions et qui garantit à ses membres la liberté académique tout en respectant les droits de l’individu et de la communauté, dans les limites des exigences de la vérité et du bien.
Dans son document de Planification Stratégique Quadriennale, l’Université Catholique de Madagascar (UCM) a inscrit dans ses priorités un axe formulé comme suit : « Faire du numérique un levier essentiel pour le développement de notre Université ».
C’est notamment le cas du présent FOAD « Master 2 en Anthropologie et Écologie » à l’Institut Supérieur d’Anthropologie et d’Écologie (ISAE), une des composantes de l’UCM.

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